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Vibe coding : pourquoi un développeur reste indispensable

-6 min de lecture

Vous avez une idée d’application. Au lieu de solliciter un développeur, coûteux au-delà de quelques milliers d'euros, vous ouvrez plutôt ChatGPT ou Claude, vous allez décrire ce que vous désirez, et en quelques heures max vous obtenez un prototype fonctionnel. En gros, le vibe coding, c'est faire du logiciel à la demande, en décrivant à une intelligence artificielle un besoin, sans produire une ligne de code.

Le mot fait le tour de la Terre depuis 2025, pour de belles raisons. Pour la première fois, un dirigeant de PME peut tester son affaire sans dépendre du savoir-faire d'un partenaire technique. Reste la question, récurrente chez nos clients : jusqu'où peut-on aller seul, et à quel moment faut-il faire appel à un pro ?

Le vibe coding, c'est quoi précisément ?

Vous ouvrez un outil d'IA du type ChatGPT, Claude, Cursor, ou Bolt. Dans la langue de Molière, vous explicitez votre besoin : « une appli de gestion de rendez-vous avec calendrier et alertes par email ». L'IA génère le code. Vous essayez, demandez des ajustements, recommencez. On peut même arriver à s'en passer, sans savoir coder.

De quoi séduire un dirigeant. Le coût d'une première version est à peine celui d'un abonnement IA (de 20 à 200 € par mois, selon l'outil). À la comparaison du coût d'un développement sur mesure, son attrait se comprend.

Certes, ce n'est pas une nouveauté en soi. Avant l'IA, les clients faisaient de même sur Shopify, WordPress ou Wix. Ils se fabriquaient une première version avec un outil clé en main, puis passaient à un développeur quand ils atteignaient les limites. L'IA repousse simplement plus loin ces limites.

Pourquoi c'est un bon départ

Tester une idée sans engagement financier. Voilà l'intérêt essentiel. L'aspect se retrouve chez nos clients : beaucoup viennent désormais avec un prototype fait par IA. L'interface est présente, certaines fonctionnalités fonctionnent, et surtout ils savent ce qu'ils veulent. Fini le temps de la description de projet dans un document Word de 30 pages. Ils viennent avec une application qui fonctionne et menant la discussion autour d'un "ça je garde, ça faut changer, ça faut rajouter".

Pour nous, c'est une meilleure base qu'un cahier des charges. C'est en général le cas puisque le client a déjà éprouvé son idée, et reçu des feedbacks. Donc il est "au clair" avec sa vision. On perd moins de temps à deviner ce qu'il veut.

L'anecdote que l'on voit souvent : des cahiers des charges produits par IA comportent parfois des éléments techniques étranges. Le client vous fait part de ses désirs : "je veux telle relation en base de données", "utilisez tel framework". Des choix que l'on ne mettrait sans doute pas dans le cahier des charges, mais qu'auraient pu suggérer ChatGPT. Ça fait sourire, mais cela témoigne quand même d'une réflexion sur le besoin.

Où ça coince

Sur tous les projets, le problème arrive en même temps : au moment où la complexité grandit.

Les premières fonctionnalités passent bien. Mais à chaque nouvelle demande, les choses s'additionnent. On ne les comprend plus. L'IA ne garde pas la vision d'ensemble. Chaque question est traitée indépendament.

Voilà ce que l'on observe sur les projets que l'on reprend.

Le design varie d'un écran à l'autre. On change de taille de boutons, de couleur, de marge. L'IA générant chaque page indépendamment, sans respecter de charte graphique.

Le même calcul se retrouve à cinq endroits différents. L'intelligence artificielle ne souffre d'aucun problème à reproduire du code, elle peut tout réécrire elle-même. Un développeur, lui, il a structuré son code de façon à écrire une seule fois chaque logique, et s'il doit passer à la modification d'un point, il n'a qu'un seul endroit à modifier.

La sécurité ne tient pas : gestion des droits d'accès, protection des données, validation des formulaires, l'IA ne posera pas ces questions spontanément, elles ne sont pas dans la demande initiale.

Et les performances tiennent avec 5 testeurs, mais pas avec 500 utilisateurs réels.

Résultat : après quelques semaines d'itérations, chaque modification génère la création de nouveaux bugs, l'IA essaie de réparer et génère encore d'autres bugs, à ce stade, la majorité de nos clients reviennent à la charge.

Prototype IA + développeur : le bon mix

En fait, le plus efficace qu'on peut observer, c'est la combinaison des deux étapes.

D'abord, vous faites un prototype avec l'IA. La première étape est de tester son concept, de le présenter à ses futurs utilisateurs (on parle de validation du besoin), coût de l'opération : un abonnement à un logiciel d'IA, soit des dizaines d'euros, durée : quelques jours à quelques semaines.

Ensuite un développeur prend le relais. On analyse votre prototype, on regarde ce qui est récupérable (le design général et la logique métier, rarement le code), et on repart « sur des bases solides ». Nous détaillons cette transition dans notre guide sur comment confier un projet amorcé par IA à un développeur.

Soyons honnêtes : dans la majorité des cas, on partait du code au départ. C'est loin d'être un gâchis : au contraire votre prototype fait gagner plusieurs semaines d'aller-retours sur les spécifications. Vous montrez plutôt que vous ne décrivez, et le niveau de la discussion en est amélioré.

À Ecma-Tech à Brest, nous avons déjà accompagné plusieurs clients dans cette transition. Le schéma, une nouvelle fois, se renouvelle ici, nous analysons ensemble le prototype de travail, discutons ce qui va et ce qui reste à faire, puis construisons l'application web ou mobile sur des fondations saines. Si l'intelligence artificielle (chatbot, propositions, automatisation) est nécessaire au projet, on doit la concevoir dès le début de l'architecture.

À quel coût fait-on un prototype ?

Cela n'est pas très cher, le vibe coding coûte 20 à 200 €/mois d'abonnement IA. Pour moins de 500 €, on peut faire quelques semaines de prototypage. C'est le prix d'un test grandeur nature, sans engagement.

Le prototype IA ne permet pas de diminuer le coût du développement métier. Il permet de diminuer le coût de tout ce dont on a parlé avant : compréhension du besoin, maquettes, allers-retours sur le périmètre. Dans certains projets, c'est 15 % à 25 % du budget total en moins.

Et après la livraison ?

Puis-je utiliser l'IA pour faire évoluer l'application une fois livrée ?

Cela dépend de quoi on parle. Changer un nom de champ, ajouter un champ à un formulaire, modifier un filtre : oui, dans un code bien structuré, l'IA prend en charge ces retouches. Certains de nos clients le pratiquent au quotidien.

Mais dès que c'est une modification de la logique métier, de la base de donnée ou de la sécurité, les enjeux sont plus élevés. L'IA ne connaît pas la sémantique d'une architecture, elle peut changer un fichier et casser, sans le savoir, un mécanisme dans un autre fichier.

On a eu des clients qui se retrouvaient avec des centaines de commits générés par IA après livraison. Ça peut tenir quelque temps. Puis ça bug, ça s'accumule et il faut intervenir d'urgence souvent pour un prix supérieur à un suivi régulier.

D'où l'intérêt d'un forfait de maintenance régulier. Mieux vaut prévenir.

Ce que cela change concrètement

Vibe coding seulPrototype IA + développeur
Budget prototypage20 – 200 €/mois (IA)Idem
Code livréFragile, non maintenableStructuré, sécurisé, extensible
SécuritéAbsentIntégrée dès le départ
ÉvolutivitéBloqué dès que ça devient complexePensé pour durer
MaintenanceÀ vos risques et périlsSuivi pro possible

Exemples concrets

SmartChat, notre chatbot IA pour l'automobile, illustre l'autre versant : l'IA comme fonctionnalité intégrée dans un projet structurant, pas comme un outil de dev surréaliste.

Sur Courtageo, une plateforme immobilière de courtage, le client avait une vision bien plus claire grâce à ses explorations antérieures. Le dev a démarré assez vite, avec moins d'itérations sur du périmétrage.

Sur TechERP, l'ERP pour l'industrie cosmétique, la complexité métier supposait dès le départ une architecture pensée. Tout comme le vibe coding aurait été insuffisant, les maquettes client ont nourri la discussion.

Questions fréquentes

Le vibe coding peut-il se suffire à un produit professionnel ? Pour un prototype ou un outil interne simple, oui. Pour un produit dont on va gérer du paiement, des données personnelles ou des centaines d'utilisateurs, non. Une fiabilité et une sécurité ne s'improvisent pas, surtout pas à l'aide des seules IA qui ne permettent pas encore d'accéder à ce niveau de qualité.

Mon prototype a-t-il une valeur pour un développeur ? Oui. Pas le code, que l'on reprend le plus souvent de zéro, mais la vision produit. On arrive en sachant ce que l'on veut, ce qui fait gagner un temps précieux au démarrage du projet.

On gagne combien de temps avec un prototype en amont ? La phase de spécification est raccourcie de 15 à 25 %. Le client montre, au lieu de décrire, les malentendus sont moins fréquents, la base sur laquelle démarre le développement est bien plus claire.

L'IA va-t-elle remplacer le développeur ? Pour ce qui est des actions massivement répétées et très simples, elle a déjà pris la relève. Pour structurer un projet, anticiper une évolution et maintenir un système dans la durée, l'humain est toujours à la manœuvre. Un bon développeur va utiliser l'IA pour aller plus vite mais ne se laissera pas remplacer par elle.

En résumé

Le vibe coding change radicalement la donne pour démarrer un projet. Prototyper, valider son idée puis faire construire par un pro est la recette qui fonctionne le mieux, aussi bien chez nos clients bretons que partout en France.

Prototype en main et envie de passer à la suite ? Discutons-en.

Loic Hamou

Rédigé par

Loic Hamou

Publié le 3 mars 2026 · Mis à jour le 17 mars 2026

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